Buenos Aires, Argentine - / LBR.ca / - Étrangement en foresterie, les ressources autres que le bois sont souvent laissées de côté. Et même le Congrès forestier mondial (CFM) n’y fait pas exception. Bien que l’on parle de biodiversité et de gestion de l’eau au pays du tango, la grande danse forestière mondiale fait peu de place aux autres ressources de la forêt comme les produits forestiers non ligneux (PFNL) et le tourisme. Sommes-nous prêts pour le Congrès mondial des forêts? Compte-rendu du Forêtmodéliste.
Rien sur les produits forestiers non ligneux. Rien sur le tourisme. Pas de conférence. Pas de kiosque. Bien sur, ces sujets ont été évoqués lors de certaines présentations, mais sans y donner une plus grande importance. Pourtant, dans les conversations de couloirs, les PFNL ont la cote et suscite de vives discussions. La gestion intégrée des ressources commence par une reconnaissance soutenue de toutes les ressources issues de la forêt, pas seulement le bois et ce spécialement au CFM.
Du 18 au 23 octobre, plus de 4000 professionnels forestiers, techniciens, étudiants, fonctionnaires publics, enseignants et chercheurs provenant de plus de 160 pays sont réunis cette semaine dans le cadre du CFM pour partager leurs expériences sur la mise en œuvre de politiques forestières durables, sur les futurs domaines d’études tout en élaborant de nouvelles normes techniques mondiales.
Le CFM offre tout de même l’opportunité de discuter des enjeux importants et de trouver plusieurs pistes de solutions en ce qui a trait à la gouvernance, la gestion de l’eau, la gestion forestière, la participation des peuples autochtones et bien plus encore. C’est l’endroit idéal pour faire des contacts internationaux, connaître les nouvelles pratiques de gestion durable des forêts et en apprendre davantage sur les différentes sources de financement provenant des multiples ONG comme l’UICN, le WWF et les différents gouvernements à l’échelle de la planète. Par ailleurs, cet évènement permet de rencontrer les différents représentants des forêts modèles des quatre coins du monde et de partager le mode de gestion participatif auquel nous participons.
La biodiversité est le résultat de milliers d’années d’évolution et fait en sorte que l’équilibre de nos écosystèmes se maintient et que notre planète demeure en santé. Malheureusement, dans un monde capitaliste, rien de mieux que de donner une valeur économique à une espèce pour qu’elle soit conservée. Il demeure important de parler des concepts, mais le portefeuille parle souvent beaucoup plus fort que n’importe quel beau discours.
Selon le Millenium Ecosystem assesment, 96 % de la valeur issue de la forêt provient des produits forestiers non ligneux et des biens et services écologiques. Un concept intéressant qui permettra un jour de mettre un prix sur la valeur des services rendus par nos écosystèmes. Par exemple, une forêt permet de maintenir une bonne qualité de l’air et de l’eau et des calculs sont faits pour savoir combien couterait les installations mécaniques pour réaliser ce travail sans nos précieux écosystèmes, une somme colossale.
Il reste encore quelques jours pour pratiquer le tango et pour discuter des forêts, pas seulement de foresterie. Peut-être le nom du congrès devrait-il même changer. Les dinosaures forestiers sont-ils prêts à faire place au futur Congrès mondial des forêts? Un simple changement de nom qui permettra de changer les mauvaises perceptions de l’exploitation des forêts, le nerf de la guerre!
LeForêtmodéliste
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